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Les successeurs de Charlemagne
|  un roi -ou empereur- franc | Charlemagne avait réussi à faire en sorte que l'un de ses fils, Louis, soit désigné son successeur de son vivant. Louis le Pieux règna comme empereur de 814 à 840. A son tour, il s'efforça de surmonter la tradition germanique, encore vivace chez les Carolingiens, du partage du royaume entre les héritiers au moment de la mort du roi. Une loi de succession, l'"Ordinatio Imperii", probablement inspirée par l'Eglise, fut décidée en 817, par laquelle le pouvoir et le titre impérial devaient être transmis au fils aîné de l'empereur, au lieu d'être partagé entre ses trois fils. Mais, lorsque Louis le Pieux eut, de sa seconde épouse, l'impératrice Judith, un quatrième fils, Lothaire, il écarta le règlement de 817 et attribua la part prépondérante de l'empire et le titre impérial à ce dernier. S'ensuivit une longue lutte, entre les fils contre le père, et entre les fils entre eux. Lorsque Louis le Pieux mourut en 840, la lutte continua, amenant la défaite de Lothaire en 841. Deux ans plus tard, en août 843, le traité de Verdun mit fin à la lutte sous la forme d'une division de l'Empire en trois parties. Charles (Charles le Chauve) recevait la partie occidentale (la "Francia Occidentalis"), Louis (Louis le Germanique) recevait la partie orientale (la "Francia Orientalis") et Lothaire la "Francia Media", c'est-à-dire les territoires médians, de la Frise à l'Italie, ainsi que le titre impérial. Une telle division longitudinale de l'Empire avait été conçue par les clercs de façon que chaque royaume ait des ressources naturelles identiques, des côtes septentrionales à celles de Méditerranée
Cette partition de l'Empire de Charlemagne se compliqua encore. Lothaire mourut en 855, longtemps avant ses deux frères. Son lot fut de nouveau partagé entre ses fils. L'un d'eux, Louis (Louis II) obtint l'Italie et le titre impérial, et tous les territoires de Lothaire devaient finalement lui revenir. Charles le Chauve et Louis le Germanique n'hésitèrent pas alors à dépouiller leurs neveux! Le traité de Mersen, en 870, ne laissait finalement à Louis II que la partie méridionale du royaume de Lothaire. Lorsque Louis II mourut, en 875, Charles le Chauve se précipita à Rome pour se faire couronner empereur. L'Empire carolingien était ainsi réunifié. Mais cela fut de courte durée. Charles mourut deux ans après, en 877. Louis le Germanique, lui, était mort en 876. Les territoires carolingiens continuèrent d'être divisés plus encore, la Germanie étant divisée en trois royaumes alors que la partie occidentale était partagée entre les deux petit-fils de Charles le Chauve. De plus, jusqu'en 881, personne ne prit le titre d'empereur. C'est un héritier de la branche de Francia Orientalis, Charles, qui reprit le titre impérial sous le nom de Charles III le Gros et qui, par manque d'héritiers naturels et en écartant Charles (le Simple), héritier de la Francia de l'Ouest, reconstitua -sauf la Bourgogne du Sud- l'empire tel qu'il existait à l'époque de Charlemagne. Cela, cependant, fut purement nominal car les territoires francs, à cette époque, étaient dévastés par les Normands et les Arabes. Un an avant sa mort, en 887, Charles le Gros fut déposé, pour sa souveraineté sur la Francia de l'Est, par la noblesse allemande à la Diète de Tribur
C'est à partir de la mort de Charles le Gros que le déclin définitif de l'empire carolingien peut être considéré comme entamé. Le titre impérial ne sera plus porté à partir de 922. Les Francie de l'Est et de l'Ouest -ce qui, finalement, allait devenir l'Allemagne et la France- ont des destins de plus en plus séparés, alors que dans le même temps, dans chacun des royaumes, ce sont les Grands qui prennent le pouvoir ou qui le dispensent. La Francie de l'Est sort de la ligne carolingienne dès 911. La Francie de l'Ouest, quant à elle, va progressivement passer sous le contrôle de la maison des comtes de Paris, qui vont jouer par rapport aux Carolingiens le rôle que la dynastie émergente des Carolingiens avait joué par rapport aux Mérovingiens. Il faudra cependant attendre 987 pour que les comtes de Paris assument définitivement la monarchie. C'est cette année-là qu'Hugues Capet sera élu roi des Francs à Noyon. Pendant ce temps, la Francie Occidentale sera tombée encore plus dans la féodalité, dans la mesure où les grands lignages eux-mêmes auront été à leur tour remis en cause par des seigneurs locaux. La Francie de l'Est, elle, est devenue alors le réel centre du pouvoir en Europe, avec les Ottoniens qui ont bâti un empire nouveau et très fortement hiérarchisé. Le monde de ces années-la n'est plus celui des Carolingiens. Ce sont désormais de nouveaux pouvoirs et une dynamique nouvelle qui sont à l'œuvre
RESUME - Dès la succession de Louis le Pieux (814-840), l'empire retomba dans le vieux travers franc de la question de la transmission de l'Etat. Le traité de Verdun, en 843, fut obligé de partager l'empire. De partitions en partitions, et menacé par les Vikings et les Arabes, l'empire carolingien se disloqua dans une
| différence entre la "France" et l'"Allemagne" et du fait des usurpations de pouvoir des Grands puis des moins grands. La dynastie s'interrompit officiellement en 987, lorsque le pouvoir royal passa à la troisième race des rois Francs, les Capétiens |
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