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. Les pélerinages à l'époque carolingienne . Les apôtres, St Paul, les évangélistes |
La pratique chrétienne à l'époque carolingienneLes fêtesLes fêtes chrétiennes, tout au long de l'année, permettent de commémorer les évènements de la vie du Christ, les Apôtres, la Vierge Marie et les martyrs et les saints. Des offices spéciaux sont prévus, accompagnés ou pas d'un repos obligatoire. Jusqu'au IIIème siècle, seules les anciennes fêtes juives de Pâques et de la Pentecôte sont célébrées, ainsi que le jour du Seigneur. Deux fêtes, l'Epiphanie et la Pentecôte, sont ajoutées au IVème siècle. Puis vinrent des fêtes d'Apôtres et de martyrs dans certaines régions, et, plus tard, des confesseurs, tels St Martin ou St Grégoire seront aussi fêtés. Il semble qu'en 620, il y ait eu, en tout 11 fêtes et 19 au temps de St Boniface. En Angleterre, au IXème siècle, les fêtes sont Noël, l'Epiphanie, Pâques, l'Assomption, les saints Pierre et Paul, St Grégoire et la Toussaint; 3 fêtes, au Xème siècle, sont ajoutées pour la Vierge ainsi que des fêtes pour les apôtres La messeLa liturgie classique de la messe, telle qu'elle existait avant le concile Vatican II, c'est à dire pendant la plus grande partie de l'histoire occidentale, prit sa forme définitive sous le pape Grégoire le Grand (590-604), après que des changements importants se soient produits, à une date incertaine, entre les IVème et les VIème et VIIème siècles. Le canon reste encore partagé entre le canon gallican et le canon romain. La fusion des deux se fera du IXème au Xème siècle, lorsque Charlemagne demandera au pape Adrien de lui envoyer le sacramentaire romain et ordonnera que celui-ci soit utilisé dans tout le royaume. Mais le peuple étant attaché à ses usages gallicans -qui, d'ailleurs étaient déjà partiellement romains et partiellement gallicans- les copistes -dont Alcuin- ajoutèrent au canon romain des suppléments francs. Ceux-ci finirent peu à peu par s'y incorporer. De la même manière que pour le chant grégorien, lorsque le rituel revint à Rome avec les ajouts gallicans, il fut conservé tel, et devint l'"usage de l'Eglise romaine". Le pape Grégoire avait donné au rituel une uniformité -semblable à l'immuabilité du rituel de l'Eglise d'Orient- alors qu'une certaine variété en fonction des jours et des saisons, avait été introduite par l'influence franque ainsi que des rites symboliques tels la bénédiction des cierges, des cendres, des rameaux, ou le rituel de la Semaine Sainte. Voici comment la messe se déroulait, à la basilique St-Pierre, au VIIIème ou IXème siècle -comment se déroulait une messe dans le royaume franc reste cependant encore un mystère: le pape et la procession entraient au chant de l'Introït. Après une prostration, avait lieu le Kyrie Eleison. Les jours de fête, il était suivi du Gloria. Le pape chantait la prière du jour, suivie de 2 ou 3 lectures, mêlées de psaumes. L'essentiel des prières des fidèles n'existaient plus. Le pain et le vin étaient apportés avec le chant de l'Offertoire. La Secrète, la seule prière de l'Offertoire- était chantée. La Préface et le Sanctus suivaient, puis le Notre Père et la Fraction du pain, le baiser de paix, l'Agnus Dei, la Communion -sous les deux espèces -avec le chant de la Communion. La prière d'après la Communion et le Dimittis avait lieu et le Pape, en procession, repartait à la sacristie Le grec est la langue des premiers temps chrétiens. Le grec (un grec simplifié) est parlé dans tout l'Empire romain (à Rome par le prolétariat urbain venu d'Orient) et par les Juifs. Dans l'Orient, le grec est parlé en Grèce, en Asie Mineure, en Syrie, en Palestine et en Egypte. Le grec devient donc la langue de la liturgie. Le latin, paradoxalement, ne vient que de l'Afrique du Nord où les convertis sont surtout de langue latine et vers 250, l'influence du latin tend à l'emporter sur le grec. Le phénomène est accru lorsque, dans la 2ème moitié du IIIème siècle, les flux migratoires d'Orient diminuent. Le grec restera en usage dans la liturgie romaine, au moins à un certain niveau, jusqu'à la seconde moitié du IVème siècle mais le latin devient la langue de l'Eglise sous le pontificat de Damase Ier (366-384); seule le Kyrie reste grec et les lectures de la messe pontificale. Cette suprématie s'inscrit dans l'effort d'alors de christianiser totalement le monde romain, la "Latinitas" (construction de St-Paul-hors-les-Murs, insertion des temples anciens dans des cycles de fêtes chrétiennes). Ce latin est fortement stylisé et loin du latin vernaculaire d'alors et il donne à la liturgie une gravité romaine, à l'encontre d'une forme d'exubérance orientale. Le latin, également, à la différence de ce qui se passe en Orient où plusieurs langues liturgiques (syrien, copte, arménien, éthiopien, etc.) cohabitent avec le grec, marche la main dans la main avec la centralisation romaine et devient la langue liturgie unique de tout l'Occident Les sacrementsIl fallut attendre le concile tenu à Londres en 1237 pour que l'Eglise donne une première liste des sacrements, au nombre de sept: le baptême, la confirmation, l'Eucharistie, la pénitence, l'extrême-onction, l'ordre et le mariage. Il se pourrait que ç'ait été Pierre Lombard qui, au XIIème siècle, ait été le premier à fixer ce chiffre de 7. Par ailleurs, ce ne sera pas avant après le IXème siècle que les sacrements stricto sensu seront différenciés définitivement des "sacrements" en général (tout signe ou chose sacrés) à quoi ils avaient été mêlés jusque là. La patristique avait mentionné les sacrements de ci, de là et, finalement, dans les siècles qui précédèrent la réception en Occident de l'aristotélisme, les sacrements, en fait, existaient et étaient pratiqués par des chrétiens plus préoccupés de pratique que d'une théorisation nette et précise. L'Eglise, cependant, une fois les grands débats déclenchés par les hérésies éteints -au IVème siècle par exemple- put consacrer plus de temps aux questions des sacrements. Ce fut également l'époque du développement des sacramentaires, qui fixèrent les rites. Des auteurs ecclésiastiques tels Isidore de Séville, Bède et même Alcuin, ont écrit sur les sacrements
Le CarêmeCarême est traduit du latin "quadragesima" -le "quarantième jour"- et désigne la période de 40 jours qui précède Pâques. Il semble que, depuis les débuts de l'Eglise, les usages concernant un Carême aient été variés et, qu'en tout cas, il n'ait jamais été question d'une période de 40 jours. Le Carême semble s'être développé en relation avec la fête de Pâques, qui devint, progressivement seulement, une fête annuelle. Le jeûne de Carême, vers les années 330, semble observé dans toute la Chrétienté occidentale. Le Carême, à partir de là, continua d'être diversement suivi quant au jeûne, selon les endroits. Quant à sa durée, elle finit par être de 36 ou 40 jours. La diversité existait également en ce qui concerne ce dont il fallait s'abstenir au plan alimentaire -de l'abstention de diverse nourriture à seulement un ou deux repas par semaine. La règle ordinaire semble avoir été de prendre un repas par jour, le soir; la viande et le vin étaient totalement prohibés. Le repas du jeûne, au cours de la Semaine Sainte, et, au moins, le Vendredi Saint, se composait de nourriture séchée, de pain, de sel et de légumes. St Grégoire, au VIème siècle, précisa qu'il fallait, pendant le Carême, s'abstenir de viande et de tout aliment qui lui était associé: lait, fromage, oeufs. Cela devint la loi commune de l'Occident Pour ce qui est des temps carolingiens, la pratique était désormais bien établie que le Carême comprenait 40 jours, depuis le mercredi des Cendres, et 6 dimanches. La viande, les oeufs, le fromage et le lait étaient interdits les 40 jours et les 6 dimanches et, chacun des 40 jours, on ne prenait qu'un repas, le soir. Le moment de la prise du repas, cependant, connut un adoucissement. Charlemagne, par exemple, est vu rompre le jeûne à 14h. Cette évolution semble liée à l'autorisation de réciter l'office de Vêpres à midi pendant le Carême. Ce changement du temps du repas autorisé était cependant encore considéré comme n'étant pas jeûner selon les canons au XIème siècle. Le concile d'Aix-la-Chapelle, au IXème siècle, par ailleurs, décida qu'une boisson -eau ou autre- était licite, le soir, même dans les monastères et abbayes, de façon à compenser la soif provoquée par le travail manuel de la journée. Comme cette boisson admise était prise à l'heure où les "Collationes" ("conférences") de Cassien était lues aux moines, on l'appella "collation". Théodulf d'Orléans, en ce qui le concerne, considérait comme exceptionnellement virtueux, de s'abstenir, en Carême, d'oeufs, de fromage et de poisson. On ne sait pas si, à l'époque carolingienne, des exemptions de l'abstinence de lait, oeufs et fromage étaient déjà accordées à la condition d'une contribution en argent à une oeuvre pie. L'interdiction des produits laitiers et des oeufs se perpétue encore, de nos jours, dans la tradition des oeufs de Pâques
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