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Les élèves d'Alcuin Raban Maur Les Irlandais |
Les IrlandaisIl est possible, comme cela est décrit par le moine de St-Gall dans le "De Carolo Magno", que deux Irlandais -ou "Ecossais"- aient été les prédécesseurs d'Alcuin à l'Ecole Palatine. Charlemagne est dit avoir nommé l'un d'eux, Clément, maître de l'école et lui avoir envoyé de "nombreux jeunes, de noble, moyenne comme d'humble naissance" et avoir envoyé l'autre, Ailbe, en Italie, où il lui donna le monastère de St-Augustin près de Pavie "de façon que tous ceux qui le voulaient puissent s'y rendre et écouter son enseignement". Clément est St Clément d'Irlande, le grammairien, qui a dû devenir maître de l'Ecole palatine vers 774. Alcuin lui succéda en 782 et, lorsque ce dernier se retira à St-Martin de Tours, en 796, St Clément fut naturellement choisi à nouveau comme maître de l'école. Clément fut aussi régent de l'école de Paris de 774 jusqu'à sa mort -probablement après 818. De là qu'il est considéré comme le lointain fondateur de l'Université de Paris. C'est de la deuxième époque de Clément comme maître de l'Ecole palatine que l'on peut probablement dater le développement de l'influence des Irlandais. Alcuin, en 803, se plaint de ce développement. Les autres Irlandais de cette époque sont le grammarien Cruindmelus, le poète Dungal, et l'évêque Donat de Fiesole. Tous furent enseignants. Dungal établit une école à Pavie. Les Irlandais apportaient une tradition d'érudition différente, se fondant essentiellement sur l'enseignement du grec, les néo-platonistes, les Pères grecs et Marcianus Capella. Le néo-platonisme, apparu à la fin de l'Antiquité, avait été christianisé par les Pères de l'Eglise qui voyaient dans l'idéalisme de Platon une aide contre le matérialisme et le naturalisme. Ils délaissaient Aristote, qu'ils jugeaient un simple logicien, dangereusement utile aux hérétiques Les Irlandais de cette première période, de même que ceux de celles qui suivirent, vinrent sur le continent aussi parce que la menace viking s'apesantissait sur leurs monastères d'Irlande. Ainsi, Cathuulf, un grand poète irlandais, Clément ou Dicuil Les successeurs de Charlemagne, à leur tour, firent venir des Irlandais. Louis le Pieux, le géographe Dicuil, Lothaire II, le poète et écrivain Sedulius, qui fonda l'école de Liège, ou Charles le Chauve, des enseignants, tels Elias à Laon, Dunchad à Reims ou Israël à Auxerre et, surtout, Jean Scot Erigène, maître de l'Ecole palatine. Des Irlandais s'installèrent aussi là où de leurs compatriotes des générations précédentes avaient exercé leur activité missionnaire, comme à Reichenau, St-Gall ou Bobbio Dicuil, un moine, est célèbre pour son ouvrage de géographie, le "De mensura Orbis Terrae" où, se fondant sur Pline, Solinus, Isidore de Séville et d'autres auteurs, ainsi que sur ses propres observations, il donne une description du monde de l'époque. L'ouvrage contient également quelques relations de voyageurs contemporains comme celle du moine Fidelis qui, vers 762, vit le canal reliant le Nil à la Mer Rouge, ou de moines qui passèrent six mois en Islande. Sedulius Scotus, qui fut actif de 840 à 860, faisait partie d'une colonie d'enseignants irlandais installés à Liège Jean Scot Erigène fut maître de l'Ecole palatine sous Charles le Chauve. L'école devait alors être à Paris. Le plus grand intellectuel de cette seconde période carolingienne, il essaya une vaste synthèse entre le néo-platonisme et l'aristotélisme, mais il fut rapidement considéré comme un hérétique panthéiste et mystique et il fut condamné en concile. Il pourrait avoir inspiré, au XIIème siècle, les Albigeois, ces hérétiques du sud-ouest de la France. Jean Scot Erigène aurait aussi influencé les "turlupins", ou "amauriciens", ou "béguards et béguines", ou partisans du "Libre-Esprit" qui, à partir du XIIème siècle voire plus tôt, furent un courant déviant du Moyen Age et, comme tel, chassés par l'Inquisition. Une part des erreurs d'Erigène est due au fait qu'il traduisit en latin, sur ordre de Charles le Chauve, les oeuvres du Pseudo-Denis, cet auteur dont on pensait à l'époque qu'il était Denis l'Aréopagite, le disciple athénien de St Paul
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