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L'Inde, le Tibet

Bien que les Indiens, en tant que peuple, soient mentionnés dans le "De Carolo Magno" du moine de Saint-Gall comme un peuple de l'Orient, l'Inde, en tant que telle, n'a jamais eu de relations directes avec l'Empire carolingien

voir aussi pour les pays de cette région, la page "Les Nestoriens, chrétiens en Chine et groupe d'influence sous les Abassides"

L'Inde

Les Origines

La vallée de l'Indus -l'actuel Pakistan- fut, vers 7000 avt. J.-C., un des trois premiers lieux originels de la Révolution Néolithique. S'y développa progressivement la civilisation de la vallée de l'Indus, vers 3300 avt. J.-C. Cette civilisation fut suivie de la civilisation des Védas, c'est à dire de cette civilisation qui naquit de l'arrivée des peuples "indo-aryens" -des indo-européens- et de leur rencontre avec les cultures dravidiennes -lesquelles étaient probablement les restes de la civilisation de la vallée de l'Indus. C'est au moment de la civilisation des Védas que se développa la culture classique de l'Inde, celle basée sur les textes sacrés des Védas et sur l'hindouisme. Elle dura de vers 1500 avt. J.-C. au VIème siècle avant l'ère chrétienne, centrée sur le Nord de l'Inde. Divers royaumes existaient au début de la période et les pouvoirs de leurs rois s'étaient accrus, amenant finalement à l'âge d'or de l'hindouisme sous l'empire Maurya (322-180 avt. J.-C.). L'empire Maurya, c'est le célèbre empereur Açoka. L'empire se bâtit sur la base des instabilités apportées au nord-est de l'Inde par les incursions des Achéménides et celles d'Alexandre le Grand. L'un des premiers grands souverains de la dynastie adhéra au jaïnisme. Une période de royaumes suivit l'empire Maurya alors que différents peuples envahissaient le nord-ouest de l'Inde (Grecs, Scythes, Parthes...). C'est aussi à cette époque qu'apparut le bouddhisme. Siddharta Gautama, un prince indien, initia le mouvement vers 500 avt. J.-C., et l'empereur Açoka se converti en 250. Ces périodes furent également des périodes de contact avec les mondes à l'Ouest de l'Inde, tels la Perse ou l'empire grec d'Alexandre

La dynastie Goupta

La dynastie Goupta (250 à 550 de l'ère chrétienne), ramena une période d'unification dans l'Inde du Nord. Et elle amena la paix et la prospérité -ce que l'on connaît sous le nom d'"âge d'or de l'Inde". La science, les mathématiques, l'astronomie, la religion et la philosophie fleurirent. Cette période de l'histoire de l'Inde fut longtemps considérée comme l'équivalent d'autres grandes périodes de l'histoire du monde, comme les dynasties Han et Tang en Chine, ou Rome en Occident. On enseignait la grammaire, la composition, la logique, la métaphysique, les mathématiques, la médecine et l'astronomie, chacun de ses domaines devenant hautement spécialisés et de haut niveau. Les Indiens, par exemple, créèrent à cette époque le système numérique (qui, de plus, était décimal) -faussement traditionnellement attribué aux Arabes. La découverte passa à Rome. Ils calculèrent, en astronomie, l'année solaire et la forme et le mouvement des corps célestes avec une précision remarquable. La médecine fit également des progrès importants malgré l'interdiction, pour cause de religion, de toucher les morts -ce qui empêcha les dissections et les progrès en physiologie et en biologie. Des hôpitaux gratuits existaient et les médecins indiens excellaient en pharmacopée, ostéopathie, greffe de peau et césariennes. De telles avancées passèrent bientôt au Moyen-Orient puis en Europe. L'empire Goupta fut finalement renversé par les invasions des Huns Hephthalites, un peuple indo-hephthalite (en aucun cas lié aux Huns), probablement originaire d'Asie Centrale, vers 480 de notre ère

Une fois les invasions terminées -vers la fin du VIème siècle- le Nord de l'Inde devint le lieu d'une lutte d'influence et de diverses dynasties. Les Pratahiras (Rajahstan et Nord de l'Inde, VI-XIème siècles; des Rajpouthes), les Palas (un empire centré sur le Bengale, VIIIème-XIIème siècles) et les Rashtrakutas (dynastie règnant sur le Décan; VIIIème-Xème siècles) furent les trois principaux pouvoirs en compétition pour le contrôle de l'Inde du Nord. Certains royaumes rajpouthes originels existaient déjà et ils seront à la base de la nouvelle puissance indienne entre IXème et XIème siècles. C'est également à cette époque qu'auront lieu les premières incursions arabes importantes, sous le contrôle de dynasties musulmanes du Moyen-Orient contrôlées par les Turcs

L'Inde du Sud

Les descriptions précédentes concernaient presqu'essentiellement le Nord de l'Inde. L'Inde du Sud, en effet, ne fut quasiment jamais incluse dans aucun des pouvoirs nés au Nord et eut une histoire largement indépendante. L'Inde du Sud doit son originalité au fait que ses côtes furent le point de contract entre les mondes de la Méditerranée et ceux de l'Extrême-Orient. L'Inde du Sud eut plusieurs dynasties remarquables. Ce n'est que sous l'empire Maurya que le Sud de l'Inde fut incluse dans un empire du Nord. Pour ce qui est du Sud à l'époque carolingienne, le Décan était contrôlé par les Rashtrakutas (Nord et Sud du Décan; VIIIème-Xème siècles; grandes contributions de mathématiciens et érudits jaïns). Le centre-sud du pays était sous le contrôle de la dynastie et de la culture Chalukya (VIème-XIIème siècles) -bien qu'attaquée sur son Nord par les Rashtrakutas. La pointe sud-ouest de l'Inde était à la dynastie Chéra (jusqu'au XVème siècle; commerce des épices, de l'ivoire, du bois, des perles et des pierres précieuses avec le Moyen-Orient et l'Europe). Les Pallavas étaient au sud-est. Le royaume Pandyan, enfin, règnait sur le pays Tamil, au sud-est, en liaison avec Ceylan

Les historiens pensent que, depuis le VIème siècle avt. J.-C., l'Inde, malgré les différents épisodes de son histoire, fut, entre entre le Ier et le XVème siècle, la plus grande économie du monde ancien, contrôlant entre un tiers et un quart de la richesse du monde. L'hindouisme, le bouddhisme et le jaïnisme furent, jusqu'à l'époque qui nous préoccupe, les composants culturels principaux de l'Inde

Le Tibet

Les hautes chaînes de montagne, au Nord, et l'Himalaya, au Sud, ont certainement fait que le Tibet a pu développer une civilisation indépendante à la fois de la Chine et de l'Inde. Il se peut que les peuples chinois et tibéto-birmans aient été un même peuple nomade des steppes avant que les Chinois ne deviennent un peuple sédentaire, dans la vallée du Fleuve Jaune. Les Tibétains et les Birmans, eux, restèrent nomades et ces deux peuples se séparèrent, à leur tour, vers 500 avt. J.-C. Pour ce qui est du Tibet, il se pourrait qu'il se soit agi de la conquête de paysans par des nobles nomades. L'histoire mythique du Tibet fait état de ce que le premier roi tibétain vint de l'Inde. La réalité fut qu'une série d'empereurs gouverna le pays du VIIème au XIème siècle. Le Tibet arriva d'abord à la connaissance des étrangers dans la Géographie de Ptolémée, au IIème siècle de l'ère chrétienne, ou dans le cadre d'un texte chinois. Le Tibet, ensuite, envoya un ambassadeur en Chine au début du VIIème siècle. Des combats féodaux, à la même époque, menèrent à l'apparition d'un état naissant, centré sur un château appelé Taktsé, dans le district de Chingba de Chonggyä. Le souverain en était Namri Löntsän. Son fils Songtsän Gampo lui succéda après qu'il ait été empoisonné. Il réprima une brève rébellion. Cet empereur finit par obtenir la reconnaissance de la Chine, qui finit par accepter de lui donner une princesse chinoise en mariage vers 636. Diverses campagnes, à l'Est et à l'Ouest, permirent à l'empereur tibétain d'étendre ses territoires. Il introduisit le boudhisme, par ailleurs, au Tibet et les relations avec la Chine étaient bonnes. Divers évènements suivirent, entre 650 et 704, avec des conquêtes, des luttes internes. Le pouvoir, au Tibet, était basé sur l'influence d'un ministre et, possiblement, également de son clan. Après quelques désaccords avec la Chine, la paix revint en 702 mais les combats reprirent par la suite. Diverses alliances et ruptures d'alliance avec les Arabes ou les Turcs amenèrent à ce que la Chine, en 750, priva le Tibet de tous les territoires qu'il avait conquis en Asie Centrale. L'empereur Trisong Detsän (756-797), cependant, prit l'occasion d'une rébellion dans l'empire Tang et il reprit lesdits territoires. Il finit même par entrer en Chine et occuper la capitale des Tang, Chang'an, en 763-764, y installant un empereur fantoche! Les relations avec les Hephthalites avaient permis, par ailleurs, dès les VIème et VIIème siècles, que le christianisme arrive au Tibet. Une forte présence chrétienne y existait au VIIIème siècle. Les luttes avec les Arabes et les peuples nomades continuèrent, vers l'an 800, alors qu'un traité de paix fut conclu avec la Chine pendant une vingtaine d'années, après 821. Une guerre civile, déclenchée par l'afflux de personnes déplacées en provenance du Nord -du fait de la chute de l'état Ouighour- se développa, mettant fin à l'unité du Tibet à partir de 842. Cette rupture de l'unité du pays dura jusqu'au XIIIème siècle, bien qu'un certain contrôle se maintînt sur le Tibet central. Le boudhisme, à partir de l'an 1000, fut l'élément principal de la renaissance d'un Tibet fort, à partir du monastère de Sakya. Cet effort, cependant, ne se poursuivit pas: le Tibet fut finalement livré par les moines de la secte Sakya, en 1246, à la Chine mongole