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La Chine et l'Extrême-Orient

Il n'est fait mention nulle part de la Chine dans aucune source de l'époque carolingienne. Il se pourrait, ainsi, que l'intérêt pour la Chine ait été, d'une certaine manière, entravé par les relations de destruction que les Carolingiens menèrent à l'encontre des Avars, ce seul peuple d'Asie qu'ils connaissaient. Il est cependant probable, par ailleurs, que, dans les périodes d'ouverture de la Route de la Soie, les marchands au long cours, par exemple, contribuèrent à faire connaître à l'Ouest l'existence de ce pays lointain

voir aussi pour les pays de cette région, la page "Les Nestoriens, chrétiens en Chine et groupe d'influence sous les Abassides"

La Chine du Nord, en 7000 avt. J.-C., fut le troisième emplacement de la Révolution Néolithique. Les hommes, là aussi, passèrent du statut de chasseurs-cueilleurs à celui d'agriculteurs. Une fois le mouvement lancé, ce fut le long du Fleuve Jaune que l'on vit apparaître les premiers villages

La Chine

Des premières dynasties à la fondation de l'Empire de Chine

Après que la Chine ait connu un âge du Bronze -vers 3000 avt. J.-C., les premiers systèmes politiques apparurent en Chine sous la forme des dynasties, cette succession de souverains appartenant à une même branche. La première dynastie chinoise fut (vers 2000 avt. J.-C. peut-être) celle des Xia. La dynastie des Shang lui succéda (peut-être vers le XIIIème siècle avt. J.-C.) et elle dura jusque vers 1046 avant notre ère. Il se pourrait que la période ait vu en fait coexister deux dynasties. Les Shang ayant nommé les Zhou pour surveiller leurs frontières de l'Ouest, ceux-ci finirent par renverser la dynastie. Ils installèrent un système semi-féodal et inventèrent le concept de "mandat du Ciel" pour légitimer leur pouvoir. Ils furent également les premiers à faire mouvement vers le Sud. Les féodaux nommés par la dynastie se rendirent indépendants à leur tour et des invasions vinrent du nord-ouest. Les Zhou se replièrent sur l'Est, devenant les "Zhou de l'Est", mais cela n'empêcha pas leur pouvoir de continuer de se disloquer. Cette époque cependant -au VIIIème siècle avant notre ère, fut marquée par la naissance des mouvements de pensée les plus influents de Chine, tels le confucianisme, le légalisme ou le taoïsme. Les états qui naquirent de la fin des Zhou amenèrent à la période dite des "Royaumes combattants". Sept royaumes subsistaient, à la fin du Vème siècle, et se battaient entre eux. Les territoires avoisinant ces royaumes furent cependant annexés et gérés par des systèmes de commanderies ou de préfectures. C'est le roi de l'un des ces royaumes combattants -du royaume de Qin- qui finit par unir les six autres royaumes et qui, en pratiquant d'autres annexions, se proclama, en 214 avt. J.-C., premier empereur de Chine

Les premières grandes dynasties

Qin Shi Huang, en son court règne de 12 ans, réussit cependant à constituer le coeur territorial du pouvoir chinois pour les siècles à venir. L'empereur gouverna sur la base de la philosophie du légalisme, mais celle-ci se révéla inefficace sur le plan intérieur, le pouvoir finissant par persécuter les érudits. Ce fut également sous la dynastie que la Grande Muraille de Chine commença d'être construite. Par ailleurs, tout un système permettant d'unifier la Chine fut mis en place, ainsi un code de lois, une langue écrite et une monnaie. Lorsqu'en 202 avt. J.-C. la dynastie des Han prit le pouvoir, elle choisit de gouverner selon le confucianisme, exemple qui allait être suivi par toutes les dynasties qui suivraient. Le confucianisme devint la base du recrutement des fonctionnaires et, généralement, la base du déroulement des études. Les Han furent les premiers à ouvrir la Route de la Soie, la route commerciale qui permettait de relier l'Occident car ils réussirent à repousser en Mongolie Intérieure les Hiong-nou (qui étaient peut-être les Huns). Une réforme visant à empêcher le système fiscal fondé sur la terre de n'être plus efficace amena des désordres mais la dynastie se maintint encore quelque temps. Elle se termina, finalement, et céda la place au retour des féodaux et des seigneurs de la guerre, vers 184 de notre ère. Les luttes internes -limitées à trois royaumes- se poursuivirent pendant que des peuples non-chinois, nomades, envahissaient le pays. Ces invasions amenèrent les Chinois de race Han à migrer, sur une grande échelle, vers le Sud, au-delà du Fleuve Bleu. Vers 303 de notre ère, il existait 16 royaumes et les nomades contrôlaient le Nord. Ces nomades, par ailleurs, avaient été sinisés depuis longtemps, certains ayant été même autorisés à s'installer en-deçà de la Grande Muraille. La Chine fut finalement réunifiée en 581, après près de quatre siècles de fragmentation et de développement séparé du Nord et du Sud. Des outils d'unification furent de nouveau mis en place, préparant un nouvel apogée, sous la dynastie Tang

Un autre apogée avec les Tang

La dynastie Tang fut fondée en 618 par Gao-zu. Commença une ère de prospérité et d'innovations dans l'art et la technologie. Le bouddhisme devint la religion principale du pays alors qu'il avait commencé à s'y implanter depuis le Ier siècle de l'ère chrétienne. La capitale fut installée à Xi'an (la ville s'appelant alors Chang'an). Chang'an était probablement la plus grande ville du monde de l'époque. La dynastie Tang, en Chine, de même que celle des Han, sont célèbres, et sont souvent vues comme celles sous lesquelles la Chine atteignit un apogée. Un commerce intensif se développa avec l'Ouest et le Sud et de nombreux marchands étrangers s'installèrent en Chine. Ce fut une période de "Pax sinica". Les marchands de Perse et de Sogdiane bénéficièrent de la Route de la Soie puisqu'ils se trouvaient au centre des échanges entre la Chine et l'Europe. Des Turcs, des Perses, des Indiens et d'autres nationalités situées le long de la Route -ainsi que, pour ce qui est du commerce maritime, des Japonais, des Coréens et des Malais- vinrent vivre dans la capitale, qui, ainsi, devint la ville la plus cosmopolite du monde. La Route de la Soie, cependant, ne fut ouverte qu'en deux périodes -l'une de 60 ans, l'autre de 20 ans- seulement. Les Tang inventèrent aussi la poudre à canon (ils sont en compétition avec la dynastie précédente des Sui sur ce point, cependant). L'apogée de la dynastie Tang eut lieu essentiellement aux VIIème et VIIIème siècles. Une série de rébellions, commençant en 860, mena au déclin, puis au chaos

Suivit la période dite des "Cinq Dynasties et des Six Royaumes", entre 907 et 960. De nombreuses dynasties se succédèrent rapidement dans les anciens territoires du coeur de l'empire, en Chine du Nord, alors que 10 royaumes occupaient des parties de la Chine du Sud et de l'Ouest. Le Sud fut plus stable que le Nord, cependant. La dynastie Song prit le pouvoir en 960, s'installant comme la nouvelle dynastie et elle dura jusqu'en 1279, nominalement. Elle commença d'être disputée, dans ses parties nord, dès 1115. Sa capitale était Kaifeng. Cette période des Song fut de nouveau une époque de prospérité économique, au point qu'on a même parlé de "Révolution Industrielle": la Chine, ainsi, par personne et par an, consommait 1,5 kg de fer -contre 0,5 en Europe à la même époque; elle avait les plus grandes villes du monde de l'époque; et le produit intérieur brut par habitant était, en l'an 1000, légèrement supérieur à celui des royaumes européens

La Chine, ensuite, continua le rythme des dynasties pour en arriver, après les Mongols et les Mings, au Qing, la dernière dynastie chinoise -une dynastie mandchoue

Japon, Corée

Le Japon

La période Jomon, après la dernière période glaciaire, dura de 10000 à 300 avant notre ère. Elle fut l'équivalent, au Japon, du Néolithique, mais avec un mode de vie de chasseurs-cueilleurs semi-sédentaires seulement. La période fut également caractérisée par de nombreuses poteries. Des migrants venant de l'extérieur du Japon apportèrent ensuite de nouvelles pratiques, telles le riz, le chamanisme, le fer ou le bronze. Ces migrants venaient vraisemblablement de la région du Fleuve Bleu, en Chine. Ces développements eurent lieu au cours de la période 'Yayoi', entre 300 avt. J.-C. et 250 ap. J.-C. L'organisation politique devint plus complexe, le Japon commença d'être mentionné dans les textes chinois et les tribus du Japon payaient le tribut à la Chine. Selon ces sources, le Japon, au IIIème siècle, se transforma en une entité politique unifiée, gouvernée par une reine-chaman

La période suivante -entre 250 et 710- vit l'émergence d'une autorité impériale forte -fondée sur le modèle de la Chine- à la cour du Yamato, avec une forte influence sur l'Ouest du Japon. Pendant une première demi-période -la période Kofun, 250-550- des états rivaux sont en transition vers le modèle impérial et ont de fortes relations avec le royaume du Baekje, en Corée du Sud, au cours des Vème et VIème siècles. L'époque vit également l'introduction du bouddhisme. Une histoire plus mouvementée semble à avoir été liée à de nouvelles vagues migratoires en provenance du continent. La seconde période -la période Asuka, 550-710- vit le pouvoir impérial continuer de se fortifier, un code de lois fut élaboré et on assista à la généralisation du boudhisme dans le pays. L'influence chinoise se maintint et le confucianisme fut finalement introduit. Son influence resta dominante jusqu'au XIXème siècle

La période de Nara (707-794) vit l'émergence du Japon en tant qu'état fort. L'impératrice Genmei déplaça légèrement la capitale, la déplaçant à Nara en 710. La ville fut modelée sur Chang'an, la capitale de la dynastie chinoise des Tang. La famille impériale entra en lutte avec les moines boudhistes et les régents. La capitale, en 784, fut déplacée à Nagaoka et à Kyoto (ou Heian-Kyo) en 794. Des textes, au début du VIIIème siècle, donnent une histoire de la fondation mythique du Japon: celle-ci aurait eu lieu en 660 avt. J.-C. par l'empereur Jimmu, qui aurait été le descendant direct d'Amateratsu, une divinité shinto -la reine du Soleil

La période Heian (794-1185) vit l'apogée de l'Empire du Japon et est remarquable par sa poésie et sa littérature. Le Japon réussit à se démarquer fortement de la Chine et développa, par exemple, un système "indigène" d'écriture -l'écriture kana. L'influence chinoise se termina en 838, date de la dernière mission envoyée à la cour des Tang, du fait du déclin de cette dynastie. Le commerce avec le continent et les pélerinages boudhistes continuèrent cependant. Le pouvoir, par ailleurs, passa -comme cela allait être la coutume pendant la plupart de l'histoire du pays- à de puissantes familles de l'aristocratie, qui gouvernaient en tant que régents (dits "Sessho" et "Kampaku"). Une guerre civile entre divers clans militaires mit un terme à la période, ce qui mena à une autre caractéristique de l'histoire du Japon: l'émergence de clans de samouraïs et le règne d'un shogun

La Corée

Le Néolithique commença dans la péninsule coréenne en 6000 avt. J.-C. Le royaume de Gojoseon, entre le VIIème et le IVème siècle avant notre ère, se forma à partir d'une fédération de cités fortifiées. La capitale qui, au début, pourrait s'être trouvée près de la frontière mandchoue, fut ensuite transférée à Pyongyang. La dynastie chinoise des Han envahit temporairement la Corée en 108 avt. J.-C. et elle installa quatre commanderies dans la région de Liaoning -trois d'entre elles disparaissant dès 75 avt. J.-C. L'une d'elle demeura sous contrôle chinois jusqu'en 313 de notre ère

Trois royaumes se développèrent ensuite au tournant de l'ère chrétienne: le royaume de Goguryeo -au Nord et au centre de la péninsule; le royaume de Silla, au sud-est; et le royaume de Baekje, au sud-ouest. Ces royaumes étaient rivaux, à la fois sur le plan économique et militaire et le royaume du Nord -le royaume dominant- fut en guerre constante avec les dynasties chinoises Sui et Tang. Puis, entre le VIIème et le VIIème siècle, ce fut le royaume de Silla qui devint le royaume prépondérant. Il forma une alliance avec les Tang contre les deux autres royaumes et, une fois vainqueur, il repoussa les troupes chinoises. Puis Silla finit par fonder le premier royaume unifié à couvrir toute la péninsule coréenne. Un général du Goguryeo, pendant ce temps, fonda le royaume coréen de Balhae, qui s'étendait du Nord de la Mandchourie aux provinces du Nord de la Corée. Ce royaume, fondé en 698, fut détruit par les Khitans en 926. De nombreux de ses habitants revinrent alors en Corée. Entre-temps, Silla, au IXème siècle, s'était effondré. Après une période tumultueuse -la période des Trois Royaumes Tardifs (892-936), la dynastie Goryeo s'intalla en 935, tendant à se définir elle-même comme un "empire" -bien qu'elle évita le terme "empereur" pour ses membres, préférant le terme "roi suprême". Un code de lois fut rédigé vers 960, un système de fonctionnaires instauré vers 980-990 (une réforme de la possession des terres avait été mise en place et des représentants du pouvoir installés à l'échelon local). Le boudhisme fleurit à cette époque également. Les esclaves furent libéré en 958. En 990, le roi centralisa le royaume, se fondant sur la tradition confucéenne, envoyant des érudits dans les régions pour superviser l'enseignement local et intégrant l'aristocratie locale dans le nouveau système bureaucratique. Ce nouveau royaume de Goryeo fut menacé sur ses frontières nord par les Khitans, entre 993 et 1019, et le gouvernement central finit par acquérir une autorité complète sur le royaume, sous le règne du roi Munjong (1046-1083)

Les Khmers

Une grande partie du Cambodge moderne était sous les eaux vers 4000 avant notre ère. Une culture néolithique se repère entre les IIème et Ier millénaires, probablement développée par des migrants venus de Chine du Sud. Divers groupes, avec diverses organisations politiques, existaient vers le Ier siècle avt. J.-C. Les Khmers s'installèrent dans la région, y arrivant dans la vague des proto-Malais. Les Khmers étaient sous l'influence religieuse et politique de l'Inde -via les marchands. Le premier royaume khmer existe entre le Ier et le VIème siècle de notre ère et il fut suivi d'un autre, qui contrôlait de grandes zones du Cambodge, du Vietnam, du Laos et de la Thaïlande. Mais l'âge d'or des Khmers eut lieu entre le IXème et le XIIIème siècles, avec le royaume de Kambuja, centré sur Angkor, dominant de vastes territoires. L'apogée du royaume n'eut lieu que vers 1200. Jayavarman II (802-830) fonda trois capitales: Indrapura, Hariharalaya et Mahendraparvata