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. Les Bénédictins après l'époque carolingienne
. Une vue générale de l'histoire du monachisme occidental
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Les Bénédictins, les moines de l'Empire

St Benoît. Fra Angelico, XVème siècle
St Benoît. Fra Angelico, XVème siècle
On peut dire que les Bénédictins sont les moines de l'Empire en ce sens que c'est à l'époque carolingienne qu'ils s'implantent en Europe définitivement et comme le seul ordre monastique. L'ordre bénédictin est né pendant la première moitié du VIème siècle lorsque St Benoît (vers 480-543) établit un monastère à Subiaco, puis au Mont-Cassin. St Benoît devenait ainsi le fondateur du monachisme occidental. Le monachisme, jusqu'alors, ne s'était développé que dans la partie orientale de l'ex-Empire romain. St Benoît donna une règle à ses moines. C'est la règle bénédictine

Dans un premier temps, il ne semble pas que St Benoît ait pensé que la règle bénédictine avait vocation à se développer et à s'imposer à d'autres monastères. Ce furent les circonstances qui firent que l'ordre bénédictin se développa. La règle de St Benoît prit son essor en Europe lors du voyage missionnaire de St Augustin vers l'Angleterre, en 597. Des copies de la règle furent alors essaimées tout le long de la route. La règle de St Benoît fut un temps appliquée en concurrence avec la règle plus stricte de St Colomban, ce missionnaire irlandais qui avait fondé de nombreux monastères en Europe continentale. Mais, au IXème siècle, tous les monastères du monde franc étaient passés à St Benoît et les "moines noirs" étaient devenus les moines de l'Empire. Les figures les plus importantes de l'Empire -St Boniface, Alcuin, Raban Maur- étaient des Bénédictins ou étaient liés à eux

La règle de St Benoît mêlait les tâches du monde avec l'Office divin. C'était une règle modérée. St Benoît avait débarassé le travail de la condition servile qu'il avait dans le monde antique pour en faire le moyen de réhabiliter les hommes. De là que les monastères bénédictins, partout en Europe, étaient devenus des lieux où les terres étaient mises en culture et où l'agriculture était améliorée, des lieux d'érudition et d'enseignement, et des lieux où les moines pratiquaient les arts, les sciences et l'artisanat

Il n'y avait pas, selon les vues de St Benoît, de liens entre les monastères de l'ordre. Ils n'étaient liés que par la commune application de la règle bénédictine et par une commune obédience à Rome. La pratique à l'époque carolingienne cependant -les plus grandes abbayes créaient des maisons-filles- amena un autre St Benoît, St Benoît d'Aniane, à essayer de réformer l'ordre bénédictin dans le sens d'une plus grande centralisation. Il fut aidé en cela par l'empereur Louis le Pieux. Toutes les abbayes de l'empire devaient être réformées sur le modèle de l'abbaye que St Benoît d'Aniane avait fondée à Aix-la-Chapelle et St Benoît était investi d'une autorité générale sur toutes les abbayes et monastères de l'ordre (assemblée des abbés, Aix-la-Chapelle, 817). La réforme ne fut pas appliquée et cette idée d'une autorité centrale ne survécut pas à St Benoît d'Aniane. Les capitulaires de 817 ne furent considérés que comme des additions à la règle de St Benoît. L'effort fut cependant repris en 910, à Cluny, cette fois avec succès. L'abbaye bourguignonne allait insérer l'ordre bénédictin dans le monde féodal

RESUME - Saint Benoît, au VIème siècle, fut l'introducteur du monachisme en Occident. Sa fameuse "Règle" essaima. Les moines bénédictins restèrent un temps en concurrence avec les monastères qui suivaient la règle de St Colomban mais ils finirent
par devenir, au IXème siècle, les moines de l'empire. Les "moines noirs" mêlaient travail manuel, prière, érudition et art. L'essai de Saint Benoît d'Aniane de mieux fédérer l'ordre bénédictin en 817 fut un échec